 Nous nous sommes posés de grandes questions existentielles : "Qu'est-ce qui fait courir tous ces inconditionnels du chant collectif ? Qui sont-ils tous ces marathoniens de la vocalise qui s'égosillent des heures durant dans les salles de répétition ? D'où sortent-ils ? Que (ou qui) viennent-ils chercher ? Et qui sont ces chefs de choeur survoltés, ces présidents d'associations surbookés, ces secrétaires bénévoles, ces hommes et femmes enthousiastes et débordés ? Bref, ceux qui font vivre les chorales ? Et comment ça marche ? " C'est pour tenter de répondre à ces questions que nous avons créé une nouvelle rubrique : "Voyage au centre de la chorale !" Venez chaque mois découvrir ce qu'est un ténor, quelles sont les caractéristique d'une soprano ou à quoi sert un président.
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Dans tout choeur, il y a quatre registre vocaux : soprano, alto, ténor et basse. Eux-mêmes sont parfois divisés en deux, ce qui conduit à des plaisanteries continuelles au sujet des premières et des deuxièmes basses. Chaque registre chante dans une tessiture différente, et chacun a sa propre personnalité. On peut se demander pourquoi le fait de chanter des notes différentes peut modifier le comportement. Il est vrai que cette question mystérieuse n'a pas encore fait l'objet d'études appropriées. Il reste que les quatre registres peuvent facilement être reconnus .... et voici comment : Les Sopranos
Les sopranos sont celles qui chantent le plus haut, ce qui leur fait croire qu'elles dominent le monde. Elles se considèrent bafouées si on ne leur permet pas de monter au moins au fa "d'en haut" dans n'importe quel mouvement de n'importe quelle oeuvre. Lorsqu'elles y arrivent, elles tiennent les notes au moins une fois et demie la durée requise par le compositeur et/ou le chef de choeur, puis elles se plaignent que ça tue leur voix et que le compositeur et le chef sont des sadiques. Bien qu'elles considèrent tous les autres registres comme inférieurs au leur, elles ont des attitudes variées à l'égard de chacun d'eux. Les altos sont aux sopranos ce que les seconds violons sont aux premiers violons : c'est agréable harmonieusement, mais pas vraiment nécessaire.Toute soprano pense intimement que l'on pourrait supprimer les altos sans changer l'essence même de l'oeuvre, et elles ne comprennent pas pourquoi il y a des gens pour chanter dans cette tessiture, c'est si ennuyeux. En ce qui concerne les ténors, on aime bien en avoir autour de soi; En plus des possibilités de flirt, car il est bien connu que les sopranos ne flirtent jamais avec les basses, les sopranos aiment chanter les duos avec les ténors parce que, du haut de leur stratosphère, elles aiment les voir travailler durement pour arriver dans une tessiture qu'elles considèrent basse à moyenne. Quant aux basses, ils chantent beaucoup trop fort, et toujours faux (comment peut-on chanter juste dans une tessiture si basse ?) et de toute façon, il doit y avoir un problème avec ces gens qui chantent en clé de fa. Pourtant, bien qu'elles se pâment à l'écoute des ténors, elles finissent quand même par rentrer à la maison avec les basses. Les Altis Elles sont le sel du monde, du moins le croient-elles. Ce sont des personnes simples, sérieuses et toujours présentes aux répétitions. La position des alits est unique dans le choeur : elles ne peuvent jamais se plaindre d'avoir à chanter trop haut ou trop bas et elles n'ignorent pas que tous les autres pupitres trouvent la partie d'alto pitoyablement facile. Mais les altis savent qu'il n'en est rien et que, lorsque les sopranes d'égosillent sur le la, elles doivent chanter des passages compliqués, pleins de dièses et de bémols, avec des rythmes impossibles que personne ne remarque parce que les sopranes chantent trop fort (ainsi que les basses comme d'habitude). Les altis se font un malin et secret plaisir à conspirer pour faire baisser les sopranes. Elles ont une méfiance innée à l'égard des ténors, car ils chantent presque dans la même tessiture qu'elles, mais ils croient avoir un meilleur son. Les altis aiment les basses et elles chantent volontiers en duo avec eux. De toute façon, le chant des basses ne sonne que dans le grondement et c'est le seul moment où elles ont vraiment une chance de se faire entendre. Un autre sujet de plainte des altis est qu'elles sont toujours trop nombreuses. Elles ne peuvent par conséquent jamais chanter vraiment fort.
Les Ténors Les Ténors sont des "enfants gâtés". Avec cela, on a tout dit. Pour une seule raison : il n'y en a jamais assez et les chefs de choeurs vendraient leur âme plutôt que de laisser partir un ténor .... aussi mauvais soit-il ! Et puis, pour quelque obscure raison, les quelques ténors que l'on a sont toujours réellement bons - ça va de soi et c'est l'une des causes d'ennui dans la vie. Du coup, il n'est pas étonnant que les ténors aient toujours une grosse tête - après tout, sans eux, qui pourrait causer la pâmoison des sopranos ? La seule chose qui puisse déstabiliser les ténors est l'accusation (venant en principe des basses) que l'on ne peut pas être un vrai homme et chanter si haut. De leur manière perverse habituelle, les ténors rejettent toujours ce grief, tout en se plaignant plus fort encore que le compositeur est un vrai sadique pour les faire chanter si haut. La relation des ténors avec le chef est à mi-chemin entre amour et haine, car le chef leur dit toujours de chanter plus fort ... parce qu'ils sont si peu nombreux. Depuis que l'on écrit l'histoire, on n'a jamais vu un chef demander aux ténors de chanter moins fort dans un passage forte. Les ténors se sentent menacés d'une manière ou d'une autre par les autres pupitres : par les sopranos parce qu'elles peuvent atteindre ces notes incroyablement hautes ; par les altis parce qu'elles n'ont aucun problème pour chanter les notes qui sont si hautes pour eux et par les basses parce que, bien qu'ils soient incapables de chanter plus haut qu'un mi, ils chantent suffisamment fort pour noyer les ténors. Evidemment, les ténors préféreraient mourir que d'admettre une quelconque de ces remarques. Ajoutont un fait peu connu : les ténors bougent leurs sourcils plus que quiconque lorsqu'ils chantent.
Les Basses Les basses chantent les notes les plus graves. Et ceci explique cela. Ce sont des gens impassibles, dignes de confiance, plus barbus que les autres. Les basses se sentent perpétuellement mal aimés, mais ils sont eux-mêmes convaincus que ce sont eux qui ont la partie la plus importante (un avis partagé par les musicologues, mais certes pas par les sopranos ou les ténors) .... même s'il s'agit de la partie la plus ennuyeuse de toutes, où ils chantent toujours la même note (ou à la quinte) sur une page entière. Ils compensent cet ennui en chantant le plus fort possible. La plupart des basses sont des joueurs de tuba nés. Les basses sont le seul pupitre qui puisse se plaindre régulièrement d'avoir à chanter si bas, et ils font d'horribles grimaces lorsqu'ils essaient d'atteindre des notes très basses. Les basses sont des gens charitables, mais leur charité n'est pas grande à l'égard des ténors, qu'ils considèrent être des poseurs finis. Les basses aiment les altis sauf lorsque c'est en duo et que les altis ont la partie belle. Quant aux sopranis, elles sont simplement dans un univers opposé que les basses jugent incompréhensible. Ils ne peuvent pas imaginer, quand elles font des fautes, que l'on puisse chanter si haut et si mal. Lorsqu'une basse se trompe, les trois autres voix le couvrent, il peut alors poursuivre tranquillement son chemin en sachant que, une fois ou l'autre, d'une manière ou d'une autre, ils se retrouvera dans la bonne tonalité. |
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A tout seigneur, tout honneur : faisons connaissance avec le chef de choeur. Qui est cet homme ou cette femme (dans notre chère chorale 1857) qui nous mène à la baguette et comment fonctionne-t-il ?
Dans pas mal de cas, le chef de choeur est un musicien compétent, doté d'une très grande capacité de persévérance. Certes, il est parfois bizarre, mais c'est un artiste ... Qu'il soit devenu chef par vocation, par une volonté ferme et déterminée de diriger un choeur, par un concours de circonstances ou par le plus grand des hasards, qu'il soit chanteur sur le déclin ou jeune prof de musique dans un collège de banlieue, qu'il soit bénévole ou rémunéré, il est avant tout un être travailleur, un utopiste ambitieux et, surtout une personne extrêmement patiente. Il doit savoir supporter beaucoup de choses très agaçantes. Et il ne peut même pas se permettre d'être rancunnier ! Pour accomplir sa tâche, il doit avoir un moral très solide. Et s'il lui arrive de se montrer arrogant ... c'est le surmenage. Car, le plus souvent, il sait être indulgent. Parmi les nombreuses responsabilités qui lui incombent, nous citerons en vrac : le recrutement des choristes, le choix du répertoire (qui devra plaire tout en restant accessible : le chef devra là résister à l'enthousiasme des inconscients autant qu'à l'inertie des pessimistes), l'élaboration d'une saison équilibrée (avec des concerts qu'il faudra par la suite honorer), l'organisation des répétitions, la planification du travail (car il faut anticiper les délais d'apprentissage), l'animation du groupe (il doit aussi savoir faire le boute-en-train). Tout ça, le chef sait que ça fait partie de son job, mais encore doit-il être psychologue (c'est lui qui doit résoudre les problèmes relationnels, ménager les susceptibilités, flatter les amours propres, rassurer les dépressifs, tempérer les sautes d'humeur, paternaliste aussi (il doit décoincer et encourager les timides), il doit aussi faire taire les bavards. Bref un vrai chef de choeur est tout cela à la fois : sélectionneur, entraîneur, soigneur, éducateur, psychologue, psychiatre. Et en plus, il doit être musicien.
Alors qu'on l'aime ou qu'on ne le supporte pas, qu'il soit respectueux ou insultant, sympa ou mal enbouché, qu'il suggère la musique ou que l'on ne comprenne rien à sa battue, le chef est le chef, il est là et il a beaucoup de boulot, alors faut pas le faire c.... Il faut lui obéir : un point c'est tout.
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Pourquoi rejoindre une chorale ? |
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La nouvelle famille se montre accueillante : les anciens gravitent autour des nouveaux avec de grand sourires. Ils sont gais, prévenants .... La salle de répétition est du reste agréable. On est à l'aise, et on se marre beaucoup. La chorale est vraiment un lieu ouvert. Là, à chaque répétition, notre nouveau chanteur se sent chez lui. Déjà il s'est fait des tas de copains. Mais aussi, il a découvert les premières partitions. ET là, une chose est apparue : le chant choral est une activité exigeante. Styles variés, termes techniques auxquels il ne comprend rien, difficultés de rythme, hauteurs de sons inaccessibles, phrasé, nuances, précision des attaques, justesse, articulation, texte dans des langues étrangères, consitution d'un "son homogène", exigences d'un chef maniaque, contraintes des horaires, des programmes, longueur des oeuvres (car on chante debout), stress des concerts ... Tout cela ne va pas de soi pour le novice.
L'art n'est pas si aisé qu'il l'avait d'abord imaginé. Et, tandis que le paradis vire au purgatoire, surgit pour lui cette angoissante énigme : "comment vais-je chanter tout ça ?" Mais, encouragé par les anciens, le nouveau venu trouve vite la réponse : s'il est reconnu que l'on peut enseigner à lire et écrire aux enfants sans en faire des savants ou des écrivains, on concevra aisément qu'il soit possible d'exercer un adulte au chant sans en faire un virtuose, ni même un artiste. On ne lui en demandera pas tant. Choriste il veut être, choriste il sera. Rassuré, notre ami s'est donc vite intégré et il ressent maintenant les vertus bénéfiques de sa nouvelle activité. Car une chose est indéniable : qu'elle soit vieillotte ou porteuse d'un esprit moderne, la chorale est une bonne chose. Elle devrait d'ailleurs être remboursée par la sécurité sociale. Car, outre l'aspect artistique, il est évident que, sur le simple plan physique, le fait d'apprendre à contrôler sa respiration, de prendre conscience de son corps et du mécanisme phonatoire, le fait de libérer et de canaliser son énergie en hurlant sans complexe procure un autentique bien être. Parce que le chant est vibration, il a une action bienfaisante sur tous les atomes du corps et un choriste qui arrive fatigué à la répétition, en repart immanquablement requinqué. En outre, tout en défoulant le corps, le fait de chanter oxygène le cerveau. C'est un excellent remède contre le stress et l'ankylose cérébrale. On peut donc l'affirmer : le chant choral a au moins ce double effet bénéfique : sur le plan physique il ravigote la carcasse et sur le plan mental, il aère les neurones. Mais en plus, et c'est là l'aspect magique de cette pratique, le chant choral ressert les liens sociaux, il permet aux hommes de se fréquenter (aux femmes aussi), il leur apprend à se connaître, à s'aimer ... C'est un facteur d'ouverture, un trait d'union entre les individus. Dans ce cas, qu'attendez vous pour rejoindre une chorale ? |
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