Un voyage à travers le Temps
Article paru dans les DNA du Lundi 20 Octobre 2008)

La chorale 1857 a terminé son année anniversaire samedi soir et hier au théâtre municipal par un concert qui a permis de parcourir, par la chanson, les 150 ans de son histoire.

Née en 1857 sous la présidence de Charles-Frédéric Schmitt, fondateur de la plus ancienne association de Haguenau toujours en activité, la chorale a en fait donné son premier concert en 1858. De nombreux autres chefs de choeur se sont succédé tout au long de ces 150 ans, et celui qui a marqué récemment les esprits pendant une trentaine d'années est certainement Marcel Fenninger, à qui la chorale a souhaité rendre hommage.
Avec Isabelle Blessig à la direction et Sylvie Voltz à la présidence, la recherche de l'unité vocale avec « un son pour tous et tous pour un seul son », la chorale 1857 entonne avec le public sollicité par Isabelle un « Joyeux anniversaire » tout à fait de circonstance. Monsieur Wells, alias Alain Hulsken, et les différentes « Cécile » de 1914 à 2008. Aline, Coline et Sabrina ponctuent les chansons par de petits sketchs qui permettent au public de savourer l'unité, l'humour et le travail de cette association imaginative. Les chants sont accompagnés au piano par Jérôme Roth, à la flûte traversière par Emmanuelle Blessig et au djembé par François Moreau, du conservatoire de Strasbourg.
Des chansons douces comme « Il est 20h, le choeur s'éveille » ou « Etre » sont suivies par « La marche des soldats de Turenne » ou « Le drapeau », qui retracent l'histoire du Second Empire et de 1914 à l'atmosphère beaucoup plus noire.
"Le drapeau" est un chant retrouvé par Isabelle et il n'était chanté que par un choeur d'hommes : c'est d'ailleurs de cette façon-là que le public a pu l'apprécier. Il avait été chanté en 1922, lors d'un concours. Puis un bond dans le temps nous entraîne vers un pot-pourri de chansons de 1960 intitulé « Au fil des chansons ». Du plus contemporain avec « Elie, Elie » de Bardos et « Immortal Bach », un choral de Bach adapté où chaque groupe chante différemment et le rendez-vous se situe au point d'orgue, ce qui permet un mélange d'harmonies. La première partie se termine avec un pot-pourri de chansons alsaciennes.
La seconde partie met en scène sept enfants de choristes pour les deux premiers chants, suivis d'un negro spiritual « I was glad » et deux chants zoulous accompagnés par le percussionniste François Moreau. « La truite » des Frères Jacques présente quatre hommes du groupe qui font de cette chanson un vrai régal. L'hymne à la musique, « Divina Musica » et les valses de Strauss où un couple danse sur scène, terminent ce concert dans la sérénité, sans stress inutile et où la gentillesse et la douceur d'Isabelle ont permis aux choristes, aux musiciens et aux acteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes, pour le plus grand plaisir d'un public satisfait. Rendez-vous l'année prochaine pour un concert dédié exclusivement à la liturgie orthodoxe.